Vernissage Jeudi 24 juin 2010 à 18h30 à la Médiathèque Intercommunale de Miramas Présentation du livre Paysages Ordinaires, Critères Editions
Exposition du 24 juin au 29 juillet 2010
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Berre 4 : 80x 40 cm. huile sur toile et Tirage pigmentaire sur papier Hahnemühle Muséum Etching 310 gr
Caissière 1.3 : 109 x 109 cm. Tirage pigmentaire sur papier Hahnemühle Photo Rag Bright White 310 gr / 3 épreuves
Caissière 2.2 : 150 x 76. Tirage pigmentaire sur papier Hahnemühle Photo Rag Bright White 310 gr / 3 épreuves
Caissière 3.3 : 150 x 75 cm. Tirage pigmentaire sur papier Hahnemühle Photo Rag Bright White 310 gr / 3 épreuves
Crau 3 : 109 x 123 cm. Tirage pigmentaire sur papier Hahnemühle Photo Rag Bright White 310 gr / 3 épreuves
Cyprès 2 : 109 x 109 cm. Tirage pigmentaire sur papier Hahnemühle Photo Rag Bright White 310 gr / 3 épreuves
Luna 1 : 150 x 75 cm. Tirage pigmentaire sur papier Hahnemühle Photo Rag Bright White 310 gr / 3 épreuves
Mer 1 : 40 x 40 cm. Tirage pigmentaire sur papier Hahnemühle Photo Rag Bright White 310 gr/ 3épreuves
Mots Ordinaires 1 : 109 x 72 cm. Tirage pigmentaire sur papier Hahnemühle Photo Rag Bright White 310 gr / 3 épreuves
Paysage Ordinaire 4 : 80 x 80 cm. Tirage pigmentaire sur papier Hahnemühle Photo Rag Bright White 310 gr/ 5 épreuves
Du 24 juin au 29 juillet prochains, le plasticien Michel Stefanini investira avec ses photographies et ses sculptures, salle d'exposition et patio de la Médiathèque de Miramas pour une exposition estivale, proposée par le Pôle Arts Visuels Ouest Provence. Les œuvres présentées sont extraites de « Paysages ordinaires » paru en avril 2010 chez Critères Editions, avec le soutien de Ouest Provence. Michel Stefanini figure déjà dans la collection de l'Artothèque avec des œuvres sur papiers où le rapport image-écriture est présent. Ainsi, ce rapport se retrouve dans ses volumes-sculptures, élaborés à partir de plaques de verre, dont deux sont visibles à la Médiathèque de Miramas, notamment dans le patio. Ces « capteurs de reflets » nous donnent déjà des indications de l'évolution de son travail vers la transparence qui filtre la réalité. L'artiste nous montre que la poésie et l'extraordinaire de notre entourage, de notre territoire personnel ne dépend pas que de sa qualité intrinsèque, mais de notre regard sur celui-ci. La capacité de s'émerveiller jour après jour a besoin d'être nourrie. Michel Stefanini nous fait découvrir un parcours humain, plastique et poétique à travers les lignes de son livre, conjuguées à des images extraites de son histoire personnelle. Occupations du quotidien avec ses aspects banals dans les paysages de supermarchés de Miramas et les abords de routes de notre territoire. Prises de vues macroscopiques ou éloignées, ses images numériques sont retravaillées, chargées de signes ou de stigmates, renforçant leur aspect abstrait. Au travers de ses photographies, tirages de grand format, Michel Stefanini, offre la possibilité au visiteur de connecter réel et imaginaire avec un œil empreint de poésie et de rêve, pour re-explorer ainsi les paysages de Ouest Provence.
Paysages Ordinaires (Broché)
de Michel Stefanini (Auteur) chez Critères Editions (17 avril 2010)
Les « Paysages Ordinaires » du plasticien Michel Stefanini proposent une écriture plurielle, nourrie par la rencontre de paysages, de gens, croisés… recroisés… et, à force d’habitude, oubliés… Ici, le conte du quotidien échappe à sa condition. D'une lecture « photocalligraphique » à son miroir hypothétique, le paysage s’inverse et se métamorphose, de son âme aperçue, vers son âme supposée, (de son vécu vers son histoire racontée). Il s’agit d’un regard à la fois humain, plastique et poétique sur le territoire de l'auteur, territoire qui pourrait être celui de chacun d'entre nous, un point de vue attentif sur les personnes et les choses, réelles ou rêvées, qui nous environnent et font notre quotidien. Si l'absence de l'individu est frappante dans ces photo-calligraphies, on en suppose intuitivement sa présence ; celle-ci prend alors toute sa place à la lecture des textes. L'ouvrage « Paysages Ordinaires » englobe, se promène, s'arrête, se détache, puis traverse une « Terre » et ses habitants. Mais, au-delà, et c'est peut-être l'essentiel, il touche à notre propre intimité où chacun, dans un voyage aléatoire entre texte et image, peut s'y retrouver. (Texte du 4ème de couverture)
Paysage ordinaire 1.
Le paysage était si ordinaire qu’il oublia d’exister, il s’anéantit dans un tutoiement vulgaire, celui qui t’oublie, te gomme, te détruit… d’un geste fatigué, las… laissant place à l‘instable regard humain. Rassuré ce jour là sous un ciel d’amiante, qui repousse toujours à plus tard l’instant fatal, … traces dissimulées pour le regard qui juge et conforte nos incertitudes. Le papier soudain se troue sous ces insistances … Alors, le vide apparaît… tellement proche que notre regard se trouble et nos yeux, que l’on pensait si perçants, perdent brusquement leur pupille, oublient leurs couleurs, divaguent… le regard devient mutique, il se tait. Ce silence est lourd du poids de nos négligences, celles qui oublient de dire… enfouis dans les toiles de nos neurones assoupis, nos mots d’amours languissent de ne pas exister… et pourtant, comme tu me manques dans ces secondes démesurées et obscures où ma vision s’est tue. Pour te retrouver je t’écris des mots impalpables, projetés hors de mon corps, j’imagine qu’ils te rejoignent, qu’ils traversent des mers furibondes, des nuits étoilées, des poteaux noirs, des sommets impossibles… insensibles à leurs appels, ils ignorent l’univers. Ils viennent se réfugier dans tes oreilles si vigilantes… Il faut dire qu’elles sont aux aguets depuis si longtemps… captés, happés, harponnés par un appétit féroce, les mots se laissent conduire, guidés le long de tes nerfs, mutés en substances chimiques, en signaux électriques, en particules élémentaires…. Mots élémentaires, mots ordinaires, ils déchirent la toile neurale. Ils explosent, crépitent, bégaient chaque syllabe pour t’en repaître, te nourrir, t’abreuver. Ce flot pourra-t-il te réapparaître, te dé-gommer, m’absoudre, pardonner mon ignorance de ce que tu es. Je laisse traîner des bouts de moi-même, morceaux insoumis, ils s’échappent hors du temps. Nous puisons à nos sources et nous les tarissons sans cesse… la force reste à nos miroirs, doubles insipides, paysages fortuits.
Crau. 1
Si la pluie ce jour-là avait pu nous épargner nos souvenirs, mais seulement… Ils remontent à la surface, à l’image de cette eau si attendue… parce que… si rare à nos yeux. Si la pluie ce jour-là avait pu nous dispenser de ces odeurs persistantes, qui, un jour, enivrantes, avaient su nous éveiller à notre envie, à nos oublis visuels. La persistance de nos mémoires, pourtant assouvies de tant d’amour, s’élève au-dessus de la Crau, pareille à ces vapeurs tourbillonnantes et aux nuées d’insectes affolés par les insistances odorantes et optiques. Ces souvenirs s’évaporent aux mêmes rythmes que les nuées. Elles emportent avec elles les souvenances, laissant tout au fond de l’esprit, trace d’un subtil parfum. Mélange de thym, de pisse de renard, de terriers de lapins, d’herbes inutiles, emportées et maltraitées par ce vent tempétueux qui balaie si souvent cette plaine jaune. Les souvenirs s’accumulent, s’entassent, se regroupent, pareils aux herbes dérisoires et échouent sur les grillages de l’Etamat. Barbelés infranchissables, mais malgré tout poreux, ils laissent s’évanouir l’instant. Quelques traces subsistent sur les pointes rouillées…Elles s’abandonnent, soumises… La pluie cesse, la lumière se calme.
Caissière 3.
Elle voyait un fabuleux coucher de soleil orangé s’éclairer, puis disparaître sous une nuance verdâtre… clignotante… des multitudes de points rouges se répandre de chaque côté, un ballet incessant, comme des étoiles palpitantes, sous un ciel de nuages… Apparaître, disparaître… Que de beauté, que de féeries, que d’émotions. Depuis sa caisse, le regard de Gisèle englobe le rayon boucherie… Cette année les décos ont frappé fort, guirlande verte au rayon viande, faut le faire, mais fallait le reconnaître, la vision de toute cette barbaque derrière les jambes mouvantes des clients produisait le plus bel effet… Brun chevreuil, apparaître, brun daube, disparaître… vert guirlande… Rose émincée, apparaître, rouge aloyau, disparaître… vert guirlande… Salade de museau… Guirlande de Noël… clignote… Noël, pognon… nuit… boudin blanc, Noël, Belin… Petite nuit, sainte nuit… Dinde farcie… De temps en temps un chariot vide interposait une grille entre elle et tant de beauté… Comme une détenue en manque de liberté, si tu remplis ton chariot, j’aurais une permission de sortie… Dans 3 heures…