La chanson érotique

Parler de sexe dans la chanson française est une vieille tradition. Si le propos était abordé sans détours au début du XXème siècle, il s’est progressivement érodé, policé, ou parfois sublimé au fil du temps. Les textes se sont en quelque sorte assagis, en laissant libre au cours à un langage de plus en plus imagé.Pourtant, de Fernandel à Yelle, en passant par Colette Renard et Doc Gynéco, la chanson française n’a pas sa langue dans sa poche. Et ainsi, tout au long du XXème siècle, les chansons coquines ont été souvent un reflet de notre société, de son rapport à la sexualité : insouciance de la Belle époque, chansons paillardes et libertines d’avant-guerre, 69 année érotique…
Ce dossier se propose donc d'en rendre compte, sans pudibonderie ni complexe ! Chansons sulfureuses, au vocabulaire explicite, voici le sexe, au sens propre. Le sexe dans le texte et le texte à voix nue. Musique !    

Auteurs : Pierre Fosco et Christophe Talon
E-mail : pierre.fosco@ouestprovence.fr ; christophe.talon@ouestprovence.fr
Publication : Février 2015
Mise à jour : Avril 2019

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La Belle Époque

La Belle Époque est une période de pleine mutation. De la fin du XIXe siècle jusqu'à la veille de la guerre de 1914, les transitions économiques et politiques, les progrès technologiques,et le tout début des réformes sociales s'accélèrent comme encore jamais cela ne s'était produit. Dans l’art et la chanson la Belle Époque est synonyme d’insouciance et d'hédonisme. Son influence perdurera jusque dans les années 40.

Le Paris de la Belle époque semblait être celui de tous les possibles et marque l'avènement de Pigalle et du Moulin Rouge. Mistinguett en est l’ambassadrice.

 

Chanson paillarde

Chanson populaire s'il en est, la chanson paillarde fait son apparition dans les années d'après guerre ou « Les années folles ». Souvent associée à la fête et à l’alcool, une chanson paillarde se chante entre amis dans une ambiance chaleureuse. Les paroles sont souvent crues, anticléricales et à caractère érotique. Parmi les plus connues on peut citer : “Le curé de Camaret” “Bali balo”, “Le cul de la marquise”, “La digue du cul”, .. , la liste est longue !

A l'heure d'internet, nous ne pouvons que constater que ce style musical bénéficie toujours d'un certain succès.
 

Mai 68, la révolution sexuelle

Les années 1960 et 1970 marquent l'émancipation sexuelle des femmes, l’égalité des sexes et la reconnaissance des “alter-sexualités”. Véritable libéralisation des mœurs la révolution sexuelle est en marche. Des slogans proclament avec humour la liberté de chacun mais le sens politique n'en est pas moins déterminant, à l'exemple du Front homosexuel d'action révolutionnaire. L’ordre machiste traditionnel est désormais contesté.

Pied de nez à l'évolution des mœurs, durant toute cette période la chanson se fait plus sage.
 

Les années SIDA

Le contexte socio-économique difficile des années 80 et la prudence imposée par l’épidémie du VIH marquent un certain recul des idéaux de la révolution sexuelle. Si la chanson érotique est devenue “banale”, cette période symbolise à la fois un retour à une nouvelle forme de sexisme illustré par des interprétations d'Elmer Food Beat ou de Patrick Sébastien, et d'une certaine tendance au classicisme que peut symboliser une chanteuse comme Mylène Farmer.

Dans les années 90 le champs lexical du rap français aussi va lui évoluer. L'apparition du sujet sexuel sera notamment le fond de commerce du rappeur Doc Gynéco.
 

2000-2015 : de l'ère porno-chic à la France pour tous

L'esthétique pornographique s'étend de plus en plus à la pop culture: La photographie, la publicité, et bien évidement la musique sont concernées. L’érotisme, la sexualité, voire l'homosexualité, sont à la mode. De plus, les récentes réformes sociétales (Mariage Pour Tous) ont permis de lever un certain nombre de tabous . En réaction à un machisme toujours très présent dans le rap francophone et dans la chanson humoristique, certaines artistes comme Yelle, Sexy Sushi ou Les Brigittes revendiquent dans leurs textes toutes leurs convictions féministes.

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  • Colette Renard

    Chanteuse inspirée par les réalistes d'après-guerre, elle a aussi enregistré plusieurs albums de chansons érotiques, paillardes ou grivoises, un répertoire généralement réservé à des interprètes masculins.
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  • Doc Gynéco

    Il sort son premier album « Premières consultations » en 1996 où il se démarque déjà du rap très urbain de cette époque-là par des textes entre humour, désenchantement et une douce provocation faisant la part belle aux thèmes grivois.

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  • Georges Brassens

    Truculentes et jubilatoires, les chansons grivoises de Georges Brassens célèbrent autant son amour des femmes que celui des mots. Panel de chansons crues et poétiques, qui depuis la cour d'école ont rencontré leur fidèle public.

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  • Pierre Perret

    Son œuvre pléthorique s'inspire en partie de la tradition des chansons paillardes, dans lesquelles il est question de sexualité de façon indirecte et joyeuse. « Le Zizi », qui raconte un cours d’éducation sexuelle à l’école primaire, est la chanson la plus célèbre de ce registre.

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  • Serge Gainsbourg

    On ne présente plus cette grande figure de la chanson française, rendue en partie célèbre pour son caractère provocateur notamment dans le domaine des allusions érotiques. Par un style poétique friand de jeux de mots et de double sens, la sexualité sous différentes formes est un thème récurrent de son répertoire.

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  • Yelle

    Découvert grâce au réseau social MySpace en 2005, le groupe y publie le morceau « Je veux te voir », conçu comme une réponse aux paroles jugées machistes de certains groupes de rap. Symbole d'une nouvelle génération décomplexée, Yelle propose des tubes électroniques efficaces avec des textes directs abordant avant tout les relations hommes-femmes.

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