On est là dans la digne lignée du cinéma social d' Outre-Manche. Le décor : une banlieue londonienne comme il en existe tant d'autres, grise, triste, violente où les adultes ont baissé les bras depuis longtemps, où les adolescents ont encore des rêves. Mia, magnifiquement interprétée par Katie Jarvis, jeune actrice non-professionnelle, perdue dans son quartier, se cherche, trouve refuge dans le hip-hop, s'impose, se bat pour s'en sortir. On s'attache, petit à petit, à ses pas d'adolescente écorchée vive. Le langage est cru, les situations souvent poignantes, les acteurs remarquables et la lueur d'espoir finale bienvenue. D'aucun diront que c'est du « Ken Loach » revisité. Rien de pathétique ici malgré la noirceur du propos. Un film percutant dont on ne sort pas vraiment indemne.