L'étang de Berre, un écosystème en sursis

L'étang de Berre compte parmi les grands étangs d'eau saumâtre d'Europe, avec 20 km de long sur 16 km de large. Situé aux portes de Marseille, il constitue aujourd'hui une des lagunes les plus étudiées du pourtour méditerranéen. Ceinturé sur ses 75 kilomètres de côtes par une couronne de villages haut-perchés et orné de paysages pittoresques, l'étang peut se prévaloir d'un patrimoine naturel, historique et culturel exceptionnel. C'est également un écosystème aussi riche que fragile, exposé à de multiples sources de pollution (eau douce, métaux lourds, hydrocarbures...) de par son bassin industriel d'envergure européenne.
Découvrez les richesses de ce remarquable biotope, écartelé entre préservation de sites naturels et logiques industrielles.

Auteur :  Clément Moynault
E-mail :  clement.moynault@ouestprovence.fr
Publication : Juillet 2015
Mise à jour : Avril 2017

Partager "L'étang de Berre, un écosystème en sursis" sur facebookPartager "L'étang de Berre, un écosystème en sursis" sur twitterLien permanent

L'occupation humaine de l'Etang

Dès l'Antiquité, l'occupation humaine de l'étang a été liée à son écosystème particulièrement accueillant. La récolte du sel, la pêche, l'agriculture ont rapidement positionné l'étang au centre des grandes routes commerciales de la région. Le peuple ligure a ainsi établi entre le VIIIe et le IIIe siècle av. J.-C. une civilisation du sel sur les rives de l'étang de Berre. Devant l'expansionnisme commercial des Salyens et l'aggravation de tensions culturelles, la colonie de Marseille sollicite l'aide de Rome jusqu'à la défaite définitive de la Fédération Salyenne à Entremont en -123. Les Romains colonisent à leur tour l'étang de Berre, baptisé "Stagnum Mastromela” selon Pline l'ancien, son pourtour offrant le double avantage de terres fertiles et de nombreux cours d'eau. Ainsi se développent des collines fortifiées, puis des villages gallo-romains, vivant du travail de la terre (vigne, olivier). Ici, l'exemple de Vitrolles.

Un environnement sous surveillance

En perpétuelle mutation, l'état écologique de l'étang à l'ère industrielle est depuis longtemps problématique. Au XIXe et XXe siècle, le développement des industries chimiques, pétrochimiques et aéronautiques a fortement pollué ses eaux en métaux lourds et en hydrocarbures. A partir de 1966, la centrale hydroélectrique EDF de Saint-Chamas déverse des milliards de tonnes d’eau douce par an dans l’étang, faisant inévitablement chuter la salinité de l’eau et bousculant les écosystèmes. Les conséquences sont catastrophiques : développement de phytoplancton (parfois toxique), excès ou déficit en oxygène mortels pour la faune et la flore du milieu aquatique, augmentation de la turbidité de l’eau. L'urgence écologique et sanitaire amène, à partir des années 1970, à la création de deux organismes de contrôle et d'alerte :  Air PACA et le GIPREB.

Un foyer industriel et économique performant

Au début du XIXe siècle de nombreuses usines de soude et d’acide sulfurique sont créées dans la région de Marseille-Berre qui est à cette époque en tête de la production mondiale. Au sortir de la Première Guerre et plus massivement à partir des années 50-60, la pétrochimie s'installe dans la région de Berre. Avec la création du complexe industriel de Fos au milieu des années 1960, la métallurgie vient s'ajouter aux industries majeures déjà présentes. A travers "la fusée Fos", l'étang de Berre se veut aussi la plaque tournante du trafic méditerranéen. Cependant, la pénurie de débouchés pour des produits tels que les aciers spéciaux, ainsi que les deux chocs pétroliers ont enrayé son expansion.

Un cadre touristique d'exception

Par sa proximité immédiate du littoral méditerranéen et sa position au carrefour des routes vers l'Italie et l'Espagne, l'étang de Berre constitue une plateforme touristique de premier plan. Il présente les atouts indispensables pour attirer vacanciers et voyageurs : ensoleillement régulier, proximité des plages, desserte efficace en moyens de transports (aéroport de Marignane, gare TGV d'Aix et de Marseille, autoroutes). Les principaux points d'attrait actuels sont Martigues, « la Venise provençale », la Camargue, les villages pittoresques du bord de l'étang, et les sports nautiques sur sa façade maritime. L'étang compte également plusieurs plages de qualité.

Partager "Quelques notions clés" sur facebookPartager "Quelques notions clés" sur twitterLien permanent