Consommer demain ?

Le modèle de société de consommation tel qu'il s'est développé depuis la fin de la deuxième guerre mondiale est en crise aujourd'hui. Il était jusqu'à présent lié au pouvoir d'achat dans une seule logique économique et financière dépendant d'une croissance sans faille. Or, la conjonction de la crise économique et écologique liée à la révolution numérique bouleverse les pratiques des consommateurs. Elle révèle l'injustice du partage des ressources, la fragilité d'un consommateur remis en question jusque dans son libre arbitre. Comment consommera-t-on demain ? Ce dossier, après un bref rappel historique, fait le point sur la consommation aujourd'hui, le développement du e-commerce et les droits des consommateurs. Il pose la question des limites démocratiques de l'obsolescence programmée et questionne l'émergence de nouveaux modèles en réseau corrélés aux évolutions du web. Peut-être faut-il alors repenser collectivement la consommation, la pluraliser et revoir sa morale pour mieux protéger le consommateur citoyen. Toutes les pistes de réflexion vous sont ouvertes ! 

Auteurs : Cécile Nattero, Sophie Bonsangue, Nadine Menouret
E-mail : cecile.nattero@ouestprovence.fr ; sophie.bonsangue@ouestprovence.fr ; nadine.menouret@ouestprovence.fr
Publication : Février 2013
Mise à jour : Mai 2017

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La consommation aujourd'hui

Les américains sont aujourd'hui les premiers consommateurs au monde. En France, le niveau de prix des biens et services consommés est supérieur de 14 % à la moyenne européenne, en raison de dépenses élevées pour le logement. Quant au pouvoir d'achat des ménages français, il devrait reculer de 1,2 % en 2013, selon le Credoc. Alors que la consommation des ménages est en baisse, l'e-commerce croit significativement et s'ancre durablement dans les habitudes de consommation. L'adhésion des Français au commerce en ligne est de plus en plus forte. A la fin de l'année 2012, Médiamétrie comptabilisait 31,69 millions de cyberacheteurs avec une hausse de 5 % sur un an.

Histoire de la consommation

Le terme de société de consommation apparaît dans les années 1920 aux Etats-Unis. Ce mode de vie séduit l’Europe au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. La « voiture populaire à bon marché », qui permet de rejoindre les lieux de travail, d’achat et de loisirs, marque l’entrée dans l’ère de la consommation de masse. Les logements deviennent ensuite de plus en plus urbains, l’équipement en électroménager s’envole : en France, 11% des ménages possèdent un réfrigérateur en 1954, 26% en  1960, 80% en 1970, 96% en 2003. La société de consommation s’impose de plus en plus vite dans les pays « conquis » : on estime qu’elle aura mis 40 ans à s’implanter aux Etats-Unis, 20 ans en France, 10 ans en Chine.

Les droits du consommateur

Le mouvement des consommateurs aux Etats-Unis est né dans les années 60 face au développement de la consommation de masse. Une législation est mise en place par le Président John Kennedy en 1962. En France, il faut attendre la fin des années 70 pour qu'une loi soit établie et codifiée dans un code de la consommation. Ce code contient les règles concernant la protection du consommateur lors de ses achats. Il permet de se défendre face aux pratiques commerciales abusives. C'est ainsi que divers organismes ont vu le jour et proposent de défendre le consommateur. Ils ne relèvent d'aucune instance gouvernementale, ce sont des associations de consommateurs.

L'obsolescence programmée ou le scandale du « tout  jetable »

Non content de susciter sans cesse de nouveaux besoins matériels chez le consommateur, le modèle économique actuel alimente sa propre croissance en vendant des produits volontairement médiocres. En effet, en réduisant systématiquement la durée de vie d'un produit, de nombreux industriels ont fait de "l'obsolescence programmée" (ou "désuétude planifiée") une stratégie visant à nous faire acheter plus. Résultat, un grand nombre d'appareils coûtent plus cher à faire réparer qu’à remplacer ou deviennent simplement irréparables. Cette pratique, hélas devenue la norme, est souvent acceptée comme une fatalité par les acheteurs. Les nouveaux consommateurs dénoncent ce scandale économique, écologique et social comme une atteinte à la démocratie.

Vers d'autres modèles : « de  la vie chère à la vie share »

L'ancien modèle de la société de consommation semble toucher à sa fin. Les enquêtes montrent que l'envie s'essouffle, le besoin se tarit et la sauvegarde de l'environnement devient préoccupante. De nouveaux comportements se développent directement liés aux possibilités offertes par le web : achat d'occasion, troc, échange... Depuis 2010 a émergé la notion de consommation collaborative. Des filières alternatives se créent chaque jour pour rallonger l'usage des produits, préserver les ressources et réduire les pollutions.

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L'indice des prix à la consommation (IPC) est l'instrument de mesure de l'inflation. Il permet d'estimer, entre deux périodes données, la variation moyenne des prix des produits consommés par les ménages. C'est une mesure synthétique de l'évolution de prix des produits, à qualité constante.
Il est publié chaque mois au Journal Officiel.

Source : Insee

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Le crédit à la consommation est un crédit destiné à financer des besoins privés ou familiaux tels que l'achat d'une voiture, d'un appareil ménager, de vacances ou de tout autre bien payé "à tempérament",  à l'exception des achats de biens immobiliers
Source : Wikipedia

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Le terme consumérisme désigne l’ensemble des doctrines, actions et organisations collectives destinées à représenter les intérêts des consommateurs et à contribuer à la défense de l’environnement (naturel et social). La forme la plus fréquente du consumérisme est l’association de consommateurs. Ses actions couvrent les domaines de la protection, de l’information, de l’éducation et le respect des droits des consommateurs.
Source : dolceta

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C'est la consommation avertie et solidaire où l’individu prend conscience des conséquences de ses achats sur son environnement au sens large (personnes, animaux, environnement physique). Le consommateur intègre les préoccupations environnementales/sociales dans son processus d’achat et contribue à préserver ou à favoriser le bien-être de l’environnement.
Source : dolceta

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La loi a renforcé la protection des consommateurs les plus vulnérables en créant le délit d'abus de faiblesse.
Source : economie.gouv.fr

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L’obsolescence programmée où «désuétude planifiée» est l’ensemble des techniques permettant de réduire la durée d’utilisation ou de vie d’un produit afin d’en augmenter le taux de remplacement.

Source : le web pedagogique.com

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La simplicité volontaire ou sobriété heureuse est un mode de vie consistant à réduire volontairement sa consommation, ainsi que les impacts de cette dernière, en vue de mener une vie davantage centrée sur des valeurs définies comme « essentielles »
Source : simplicite-volontaire.wifeo.com

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Le Slow Food est un mouvement international qui cherche à préserver la cuisine régionale de qualité ainsi que les plantes, semences, les animaux domestiques et les techniques agricoles qui lui sont associés.  Il lutte contre l'uniformatisation des goûts causé par l'industrie agroalimentaire.
Source : slowfood.fr/

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